Comment renégocier ses contrats d'assurance pour payer moins cher

Dossier d'assurance auto ouvert sur une table, symbole de la gestion des contrats et de la loi Hamon pour faire des économies sur son budget.

Peu de gens relisent vraiment leur contrat d'assurance auto une fois qu'il est signé. Chez moi, la réponse tenait en un mot : trop longtemps. J'ai fini par reprendre la gestion de mes contrats avec la même logique qu'au dépôt où je travaille : rien ne doit rester à quai sans raison valable. Ce texte ne promet aucune martingale, juste ce qui a réellement fait des économies sur mon budget le jour où j'ai regardé la loi Hamon d'un peu plus près.

L'élément déclencheur tient en un mail. Je l'ai ouvert en pause déjeuner, entre deux bouchées de sandwich, sur le parking du dépôt : l'assureur annonçait une nouvelle hausse de cotisation sur l'auto, présentée comme presque anodine. Ça m'a piqué au vif, d'autant que quelques semaines plus tôt j'avais déjà tenté un premier tri raté : regrouper toutes les courses de la famille en une seule grande commande hebdomadaire pour gagner du temps et, je l'espérais, de l'argent. Le résultat a surtout été un frigo trop plein et des produits jetés avant d'avoir été mangés — plus de gaspillage que d'économies. Ça fait deux ans que j'épluche mes contrats de cette façon, et celui-là reste le plus rentable de la pile.

Le classeur ressorti, poste par poste

Le vieux classeur à leviers a fini par ressortir, avec le carnet à spirales et un café que j'ai complètement oublié — j'ai retrouvé la pellicule dessus, bien après, en refermant le tout. J'ai étalé les conditions générales sur mes genoux et joué au douanier avec mes propres garanties, une par une.

Prise de notes dans un carnet pour comparer les contrats d'assurance auto avant de jouer la carte de la loi Hamon.

Premier constat : j'étais un assuré modèle qui payait plein tarif sans qu'on me le rende jamais. Sur l'auto, j'avais grimpé tout en haut du barème du bonus, celui qu'on atteint après des années sans le moindre accident, et pourtant la prime remontait chaque année sous prétexte de coûts de réparation en hausse. Ce fameux bonus-malus ne servait plus à grand-chose une fois au sommet, sauf à s'en servir comme argument face à un concurrent.

Ce jour-là, Marcel, le retraité du bout de la rue, retapait je ne sais quoi sur son perron quand je suis sorti poster une lettre. Je lui ai raconté ma trouvaille : une protection juridique payée en double, déjà incluse dans ma carte bancaire, et une assistance dépannage que mon assureur me facturait alors que le constructeur la fournissait encore gratuitement. Il a haussé les épaules, du genre « on rachète tout avant de vérifier si ça sert encore » — une phrase qui, venant d'un type qui répare plutôt que de jeter, m'a un peu piqué.

La loi Hamon, un levier plus simple qu'il n'y paraît ?

Difficile de savoir depuis son fauteuil si la Loi Hamon s'applique vraiment à sa situation, alors je suis passé directement à l'agence, dans la zone commerciale de Quetigny, poser la question à un conseiller plutôt que de deviner depuis un forum. Réponse simple : passé le premier anniversaire du contrat, plus besoin d'attendre une date fixe ni d'envoyer un recommandé des mois à l'avance pour changer d'assureur auto ou habitation. C'est la nouvelle compagnie qui se charge de la majorité des démarches, ce qui change tout par rapport à l'image du dossier interminable qu'on traîne pendant des semaines.

Ghislaine Pourchet, une connaissance qui m'a posé la question un dimanche, dans le hall de l'immeuble, s'arrête en général à la première complication administrative — et c'est justement pour des gens comme elle que la procédure simplifiée change quelque chose. Je lui ai conseillé la même rigueur que pour réduire ses frais de téléphonie mobile sans perdre en qualité : demander le même niveau de garanties à trois assureurs concurrents et comparer sur les mêmes critères, sans se laisser distraire par une remise ponctuelle. Pas de fioritures, juste l'essentiel écrit noir sur blanc.

Une franchise basse peut coûter cher plus tard

Une offre a bien failli me faire craquer : une prime nettement plus basse que les autres, en apparence sans contrepartie. En creusant les petites lignes, la franchise — la part qui reste à ma charge en cas de pépin — grimpait à un niveau que je n'avais pas anticipé.

Un assuré consulte sa chemise de factures avant de renégocier son contrat d'assurance auto et de faire des économies sur son budget.

Cette histoire de franchise cachée rejoint celle des options en double que j'ai fini par supprimer : une assistance zéro kilomètre payée deux fois, une garantie bris de glace pour des phares que je peux remplacer moi-même avec une pièce d'occasion. Sur une voiture qui a déjà pas mal roulé, payer pour être remboursé à la valeur à neuf en cas de sinistre total revient à mettre du carburant premium dans un vieux tracteur de cour : ça ne le fait pas rouler plus vite, ça coûte simplement plus cher.

Regarder plus loin que le prix affiché

La même manie du tri a fini par déborder sur le reste du budget, une fois l'assurance réglée. Au chapitre chauffage, ça s'est traduit par un geste qui ne demande aucuns travaux plutôt qu'un devis d'isolation. Pour les courses, ça a voulu dire comparer le prix au poids plutôt que le prix affiché sur l'étiquette, et changer de rayon plutôt que de rester fidèle à une marque par habitude. Côté électroménager, j'ai repéré ces appareils en veille qui grignotent le compteur sans qu'on y prête attention, et calé la machine à laver sur les heures creuses plutôt que sur mon emploi du temps. J'ai aussi ressorti la calculatrice pour regarder le coût à l'année de mes abonnements plutôt que le prélèvement mensuel qui passe inaperçu, remis de la visibilité sur une dépense que je ne regardais plus, appris à faire tourner ce qu'il y a déjà au fond du placard avant d'en racheter, calculé ce que revient vraiment un produit ménager fait maison, entretenu ce qui pouvait l'être pour repousser le jour du remplacement, et fini par accepter la décote de l'occasion plutôt que le prix du neuf sur deux ou trois achats qui pouvaient attendre.

Vers la huitième semaine, une fois les deux contrats — auto et habitation — vraiment basculés chez le nouvel assureur, la différence s'est vue sur le compte, sans que j'aie eu besoin de rogner ailleurs. Ça m'a même laissé une marge pour regarder comment partir en vacances moins cher en famille après mes essais de l'été dernier. La leçon que je retiens n'a rien de compliqué : la première chose à vérifier sur un contrat d'assurance, ce n'est ni le logo ni le slogan, c'est la date anniversaire inscrite tout en haut. Une fois cette date dépassée, le rapport de force change complètement, et c'est là qu'il faut sortir le dossier, pas avant.

Le conseiller ne viendra jamais spontanément vous dire que vous payez trop cher — ça, j'en suis certain. Personne n'est expert en assurance pour autant, juste un peu moins pressé de signer sans avoir tout lu. Ghislaine a fini par changer d'assureur elle aussi, dès que la question lui a semblé moins compliquée qu'elle ne le craignait.