Faire ses produits ménagers maison pour réduire son budget entretien

Faire ses produits ménagers maison pour réduire son budget entretien

Un dimanche soir, fin octobre, je me suis retrouvé dans ma buanderie devant une étagère qui pliait sous le poids des bidons en plastique. En faisant les comptes de tête, j'ai réalisé que ce stock de produits bleus, verts et roses me coûtait presque l'équivalent d'un plein de gazole pour descendre au dépôt de Dijon. C'est là que j'ai décidé de tout vider pour revenir aux basiques.

Avant de vous raconter mes déboires de petit chimiste, un mot de transparence : vous trouverez des liens vers des guides qui m'ont aidé à y voir clair. Si vous cliquez dessus, je touche une petite commission, mais le prix reste le même pour vous. Je ne vous parle ici que de ce que j'ai testé moi-même, erreurs comprises.

Le choc de la simplicité et les premiers tâtonnements

Ma première idée a été de bazarder tout ce qui promettait une "fraîcheur alpine" ou une "action triple choc". Je me suis dit qu'avec du vinaigre et du bicarbonate, j'allais régler l'affaire en dix minutes. Sauf que sur internet, on trouve tout et son contraire. Un site vous dit de mettre une goutte, l'autre un litre. J'ai commencé avec du vinaigre blanc classique, celui qu'on trouve au rayon cornichons, avec son taux d'acidité de 8%. C'est l'outil de base, comme une clé de douze dans une caisse à outils.

Au début, j'ai fait l'erreur classique : mélanger le vinaigre et le bicarbonate de soude (le fameux bicarbonate de sodium, numéro CAS 144-55-8 pour les puristes). Ça mousse, ça pétille, on a l'impression d'être efficace. En réalité, cette réaction produit de l'acétate de sodium. C'est pratique pour déboucher mécaniquement un évier grâce à l'effervescence, mais une fois que la mousse retombe, le pouvoir nettoyant est proche de zéro. On se retrouve avec de l'eau salée. J'ai appris ça après avoir frotté ma cuisine pendant une heure pour rien.

Gros plan sur le remplissage d'une bouteille de vinaigre blanc ménager avec un entonnoir.

L'échec cuisant de la lessive maison

Pendant les grands froids de janvier, j'ai voulu passer à l'étape supérieure : la lessive. J'avais acheté un gros bloc de savon de Marseille. Un vrai, avec la mention 72% d'huiles végétales gravée dessus. J'ai suivi une recette trouvée sur un forum, j'ai tout fait chauffer dans une vieille marmite, et j'ai versé le liquide encore tiède dans mes bidons de récupération.

Le lundi matin, au moment de lancer une machine avant de partir au boulot, impossible de verser quoi que ce soit. La lessive s'était figée comme du béton au fond du bidon. J'ai dû secouer le bidon frénétiquement comme un sourd, avant de finir par tout rincer à l'eau bouillante dans la baignoire en pestant contre ma propre bêtise. Ma dilution était foireuse. C'est là que j'ai compris que faire ses produits, ce n'est pas juste mélanger des trucs au pif, c'est comme la mécanique : il faut les bonnes cotes.

C'est à ce moment-là que j'ai mis la main sur le guide 1.001 trucs et secrets pour faire des économies. Ce bouquin m'a servi de manuel d'atelier. Il m'a permis de trier les recettes de grand-mère qui marchent de celles qui ne sont que des légendes urbaines. J'ai aussi pris le temps de trier mes abonnements inutiles à la même période, ce qui m'a libéré du temps pour m'occuper sérieusement de ma maison.

Le piège du DIY qui coûte plus cher que l'industriel

Il y a un truc dont on ne parle pas souvent dans les blogs de déco : fabriquer ses produits peut paradoxalement coûter plus cher que d'acheter la marque premier prix du supermarché. Si vous commencez à acheter des sprays en verre ambré à dix euros pièce, des huiles essentielles bio de lavande fine et des étiquettes design, vous ne ferez jamais d'économies.

Mon approche a été plus rustique. J'ai réutilisé mes vieux flacons de spray bien rincés. Pour l'odeur, j'ai accepté que ma cuisine sente un peu le vinaigre pendant dix minutes. C'est une odeur aigre qui pique un peu les narines sur le coup, mais elle est vite remplacée par une fraîcheur neutre une fois que le plan de travail a séché. C'est bien plus sain que les parfums de synthèse qui vous prennent à la gorge tout l'après-midi.

J'ai aussi appris à faire attention aux surfaces. Le vinaigre, c'est génial pour le calcaire, mais il ne faut jamais l'approcher du marbre ou de la pierre calcaire, sinon il les ronge. C'est comme mettre du liquide de frein sur une carrosserie : ça ne pardonne pas. Pour tout le reste, j'applique les principes du guide des astucieux, qui m'a montré comment optimiser chaque recoin de mon budget sans devenir un ermite.

Étagère de buanderie avec un savon de Marseille authentique et un bocal de bicarbonate de soude.

Le bilan après neuf mois de pratique

Un samedi de printemps, j'ai fait le tour de mes placards. Le résultat est là : je n'ai plus que quatre ou cinq ingrédients de base. Du savon noir, du vinaigre, du bicarbonate, et du vrai savon de Marseille. Mes placards sont vides de plastique inutile et ma buanderie respire enfin.

Est-ce que j'ai économisé des fortunes ? Disons que c'est une ligne de dépense qui a fondu de moitié. Ce n'est pas ça qui va payer mes prochaines vacances, mais c'est une petite victoire sur le gaspillage et sur le marketing qui essaie de nous vendre un produit différent pour chaque millimètre carré de la maison. C'est un peu comme privilégier l'achat d'occasion : on reprend le contrôle sur ce qu'on fait entrer chez soi.

Si vous voulez vous lancer, mon conseil de collègue est simple : ne cherchez pas la perfection. Commencez par un spray multi-usages (eau + vinaigre + une goutte de liquide vaisselle) et voyez si ça vous convient. Si vous voulez passer à la vitesse supérieure sans faire les mêmes erreurs que moi avec ma lessive-béton, jetez un œil à 1.001 trucs et secrets pour faire des économies. C'est une excellente base pour arrêter de jeter de l'argent par les fenêtres, une bouteille de spray à la fois.