Comment j'ai réduit ma facture d'électricité avec mes habitudes de lavage

Facture d'électricité et carnet de suivi des habitudes de lavage posés sur une table de cuisine, astuce économies d'énergie et entretien du linge.

Les rayons promotions du Super U de Chenôve étaient déjà vides quand j'ai fini par pousser mon chariot jusqu'au fond du magasin. Trop tard, une fois de plus, l'affichage tombe en général vers 19h et je sors du dépôt trop tard pour l'attraper. Rentré chez moi les mains presque vides ce soir-là, j'ai ressorti la pochette plastique où s'entassent nos relevés de factures et je me suis dit qu'il était temps d'arrêter de courir après les promos pour regarder plutôt ce qui plombait le compteur à la maison. Les économies d'énergie, chez nous, ça a commencé sur cette table de cuisine, avec un poste qu'on regarde rarement : l'entretien du linge et tout ce qui tourne autour du lave-linge.

Petite précision avant d'aller plus loin : certains liens de cet article sont affiliés, et si vous achetez via l'un d'eux je touche une petite commission sans que votre prix change. Ce que je décris ici, c'est ce que j'ai vraiment testé, et parfois raté, dans ma propre buanderie — pas un discours tout prêt sorti d'une brochure.

Avant de m'attaquer au lave-linge, j'avais tenté plus simple : baisser le thermostat du chauffage de deux degrés, en pensant que ça suffirait tout seul. Ça n'a rien changé de concret, parce que je n'avais rien changé d'autre autour — on gardait les mêmes réflexes, la même fenêtre entrouverte le matin, le même radiateur poussé à fond dès qu'on avait un peu froid. Le chiffre sur le cadran avait bougé, pas nos habitudes, et la facture suivante l'a confirmé sans détour.

J'ai traité mon lave-linge comme un poids lourd à moitié plein

Au dépôt où je gère les plannings, personne n'enverrait un semi-remorque à moitié vide traverser la France pour une seule caisse manquante. À la maison, c'est pourtant exactement ce qu'on faisait avec le lave-linge : une demi-charge lancée parce qu'il fallait un jean précis ou une chemise propre pour le lendemain matin.

J'ai sorti le carnet à spirale qui traîne en permanence sur la table, celle dont le formica a jauni avec les années, et j'ai commencé à noter chaque cycle : durée, température, jour de la semaine. L'idée reçue, c'est qu'il faut de l'eau chaude pour que ce soit vraiment propre, un réflexe hérité de l'époque de nos parents. En réalité, chauffer l'eau représente l'essentiel de la consommation électrique d'une machine, et si vous cherchez à adopter des habitudes simples pour économiser au quotidien sans effort, ce bouton de température est un bon point de départ.

Gros plan d'une main qui règle le thermostat du lave-linge sur 30 degrés pour réduire la facture d'électricité.

Le lavage de nuit m'a réveillé en sursaut

On entend souvent qu'il faut profiter des heures creuses pour laver la nuit et grappiller quelques centimes sur le tarif. Fin février, j'ai voulu pousser l'idée à fond et programmé une machine de draps pour qu'elle tourne en pleine nuit. Sur le papier, l'idée tenait la route ; dans un appartement aux cloisons fines, c'était une autre histoire.

Vers deux heures du matin, un bruit sourd et déséquilibré m'a arraché du sommeil. La housse de couette avait tout gobé d'un côté du tambour, et la machine s'est mise à cogner contre le mur de la cuisine à pleine vitesse d'essorage. Debout en dix secondes, le cœur qui cogne, j'étais certain qu'une étagère venait de s'effondrer quelque part dans la maison. Ce soir-là, j'ai compris que le conseil « lavez la nuit » ne convient pas à tout le monde : pour une famille en appartement, le bruit et le risque de réveiller les voisins effacent vite les quelques centimes économisés.

Il y a aussi le séchage, qu'on oublie facilement dans ce calcul. Fin juin, j'ai laissé une charge de t-shirts toute une nuit dans le tambour fermé, et le lendemain matin l'odeur de renfermé était telle qu'il a fallu relancer un cycle complet avant de pouvoir les porter. Deux cycles au lieu d'un : l'économie de la nuit s'est évaporée dans l'histoire, avec en prime une buanderie qui sentait le linge oublié.

30°C suffit-il vraiment pour tout le linge ?

Après quelques semaines de tests, j'ai banni le cycle à 60°C pour tout ce qui n'est pas du linge de corps ou des draps en cas de maladie dans la maison. Le cycle éco de la machine est calé sur 40 degrés, mais je suis redescendu à 30°C pour la quasi-totalité du linge courant.

Mon voisin, qui part crapahuter en forêt de Cîteaux presque tous les week-ends, m'a dit un jour qu'il ne montait jamais au-dessus de 30°C, même pour ses affaires de rando les plus boueuses, pour lui, la terre part très bien à froid, c'est plutôt la graisse qui demande de la chaleur. Ça m'a conforté dans l'idée que 60°C reste réservé à des cas précis, pas à un réglage par défaut. La différence sur la facture ne se voit pas d'un coup, comme un coup de frein, mais elle se creuse sur la durée : laver à 30°C consomme jusqu'à trois fois moins qu'un cycle à 60°C, un peu comme rouler à 110 sur l'autoroute au lieu de 130, on arrive pareil, et on a brûlé bien moins de carburant en route.

Le même réflexe vaut pour ce qui reste branché sans qu'on y pense : j'ai aussi appris à limiter la consommation électrique des appareils en veille, cette habitude fantôme qui grignote le compteur entre deux lessives sans qu'on la voie jamais passer.

Pour le séchage, j'ai aussi changé de méthode : plutôt que le sèche-linge, ce gouffre énergétique par excellence, j'ai investi dans un bon étendoir et je pousse l'essorage à fond, en général 1200 tours. Le linge sort avec beaucoup moins d'eau, ce qui raccourcit le séchage à l'air libre. En appartement, ça demande un peu d'organisation pour ne pas transformer le salon en forêt de chaussettes, mais c'est un pli qui se prend vite.

Étendoir à linge chargé de vêtements dans un salon lumineux, astuce entretien du linge sans sèche-linge électrique.

Le filtre oublié et le petit guide qui a suivi

Un dimanche pluvieux, pendant qu'un cycle qui n'en finissait plus tournait en fond sonore, je suis tombé sur un exemplaire du Le guide des astucieux posé chez un ami. C'est là que j'ai réalisé que mes réglages étaient bons, mais que j'oubliais l'entretien de base de l'appareil.

Le guide expliquait qu'un filtre encrassé force la pompe à travailler plus longtemps, comme vider une piscine avec un tuyau d'arrosage à moitié pincé. Sous la lampe de bureau dénichée à un vide-grenier, dont j'ai fini par changer l'ampoule pour une LED, j'ai ouvert la trappe du bas de ma machine, jamais touchée depuis l'installation, et j'en ai sorti un amas de fibres, deux pièces de monnaie et un élastique à cheveux. Depuis ce nettoyage, les cycles respectent de nouveau la durée annoncée sur l'écran.

Ce petit bouquin est devenu une référence sur ma table de cuisine, aux côtés du carnet à spirale. Romuald Defarge, membre du même groupe d'entraide budget en ligne où je traîne de temps en temps, poste ses résultats chiffrés à chaque palier de deux mois de test; il note tout, machine par machine, et ça motive à tenir le cap même quand le changement paraît minuscule au jour le jour. Si vous préférez une masse d'idées à piocher plutôt qu'un classement par poste de dépense, j'ai aussi jeté un œil à 1.001 trucs et secrets pour faire des économies, mais pour le côté structuré, le premier reste mon préféré.

La sixième semaine, quand le compteur a commencé à plier

Vers la sixième semaine, la courbe de consommation sur mon appli de suivi a commencé à plier vers le bas, doucement, sans à-coup spectaculaire. Je ne vais pas prétendre être devenu riche en lavant mes chemises à 30°C, ce serait mentir, mais j'ai senti les épaules se relâcher un peu en voyant que la machine tournait enfin sans gaspillage, avec la satisfaction du répartiteur qui voit un planning bien rempli.

Si je devais résumer en une phrase utile à quelqu'un d'autre : ne changez pas dix choses à la fois, repérez d'abord la machine, au sens propre comme au figuré, qui tourne le plus souvent chez vous, et attaquez-la en premier. C'est elle qui pèse le plus sur la facture, et c'est là que le moindre réglage se voit le plus vite sur le compteur.

D'autres astuces maison repérées au passage

Le lave-linge n'était qu'une ligne parmi d'autres dans mon carnet à spirale. Sur les tickets de caisse, j'ai pris l'habitude de comparer le prix au poids plutôt que le prix affiché en gros sur l'étiquette, ce qui change parfois ce qui finit dans le chariot. Quand un article grimpe trop d'un mois sur l'autre, je regarde d'abord ce qui peut le remplacer dans le même rayon avant de payer sans réfléchir. J'ai aussi ressorti les vieux abonnements et calculé ce qu'ils pèsent sur une année complète plutôt que sur la ligne mensuelle, qui paraît toujours anodine prise isolément. Certaines dépenses ne sautent aux yeux que relevé après relevé, jamais sur une seule ligne. Côté placards, je fais tourner les conserves du fond vers l'avant pour ne plus rien retrouver périmé au fond d'un tiroir, et pour deux ou trois produits d'entretien, j'ai calculé ce que ça coûte vraiment de les faire soi-même une fois qu'on compte les ingrédients, pas juste le geste qui paraît gratuit. Rien de tout ça n'a de lien direct avec le lave-linge, mais c'est le même réflexe qui s'applique dans toute la maison, un peu comme pour réduire sa facture de chauffage sans travaux : pas besoin de chantier pour économiser, il suffit de commencer par ce qui est déjà installé.

Si vous voulez arrêter de subir la facture et reprendre la main dessus, direction Le guide des astucieux. Il n'y a pas de formule magique dedans, juste du bon sens organisé pour ceux qui n'ont pas envie de passer leurs soirées sur un tableau Excel.